Alors qu’avait lieu le 2 avril, la Journée mondiale de sensibilisation à l’autisme, les résultats d’une récente étude américaine suscitent l’intérêt général : les grands prématurés, dont le poids de naissance est extrêmement bas, seraient plus à risques de souffrir d’autisme.
Les progrès de la médecine permettent aujourd’hui la survie d’un nombre important d’enfants nés prématurément, avec un poids à la naissance très faible. Parallèlement, on constate que ces enfants souffrent fréquemment de troubles moteurs, cognitifs et du développement. Des chercheurs des Universités McGill, Harvard et de Boston ont donc entrepris de rechercher, chez des enfants nés prématurément, des symptômes d’autisme [1].
Ils ont donc soumis à différents tests 91 enfants nés avec un poids de naissance inférieur à 1 500 grammes. 26 % des bébés prématurés observés présentaient des signes d’autisme. L’autisme est un désordre neurologique caractérisé par un repliement sur soi qui limite considérablement communication et interactions entre le malade et son entourage.
« On sait que les nouveau-nés extrêmement prématurés affichent une prévalence élevée aux difficultés d’apprentissage, d’attention et de comportement », a déclaré le Docteur Catherine Limperopoulos du Département de neurologie, de neurochirurgie et de pédiatrie de McGill. « Il n’est pas encore clair si ces résultats initiaux sont transitoires ou s’ils persisteront chez ces enfants à mesure qu’ils vieilliront (…) Nos découvertes suggèrent que des tests précoces de dépistage des symptômes de l’autisme pourraient être justifiés au sein de cette population. Advenant que les tests de dépistage de ces enfants soient positifs, il faudrait effectuer un test de diagnostic de suivi pour le spectre des troubles de l’autisme », poursuit-elle.
Comme d’autres études l’avaient déjà démontré, les résultats soulignent que les garçons étaient plus nombreux à présenter des symptômes, confirmant ainsi le lien entre autisme et sexe masculin.
En savoir plus sur les risques de séquelles pour les grands prématurés.
[1] « Positive screening for autism in ex-preterm infants : prevalence and risk factors » par Catherine Limperopoulos, Haim Bassan, Nancy R. Sullivan, Janet S. Soul, Richard L. Robertson, Marianne Moore, Steven A. Ringer, Joseph J. Volpe, et Adré J. du Plessis dans Pediatrics, volume 121, n° 4 d’avril 2008, pp.758-765