Vivre près des autoroutes urbaines ne serait pas sans danger pour les femmes enceintes et leurs nouveau-nés. Selon une étude menée conjointement par des scientifiques de l’Université de Montréal et de la University of South Australia [1], les femmes enceintes qui vivent près d’une autoroute risqueraient davantage d’accoucher d’un enfant prématuré ou ayant une insuffisance de poids.
« Notre étude a révélé que chez les mères qui habitent dans des quartiers aisés, celles qui vivent à 200 mètres ou moins d’une autoroute, courent un risque accru de 58 % d’accoucher d’un enfant prématuré, comparativement aux mères qui habitent loin d’une voie rapide. De plus, le risque d’accoucher d’un enfant avec une insuffisance de poids comparativement aux mères qui habitent loin d’une autoroute augmente aussi de 81 % », explique le Docteur Mélissa Généreux, qui a mené la recherche au Département de médecine sociale et préventive de l’Université de Montréal.
L’étude révèle également que ces risques sont accrus chez les mères habitant des quartiers aisés. « Les mères des milieux aisés peuvent être plus vulnérables à la pollution produite par la circulation routière, sans doute parce qu’elles ont été moins en contact avec les autres risques présents dans les quartiers à faible revenu », précise le Docteur Mélissa Généreux.
Cette étude, basée sur l’analyse des statistiques de 100 000 naissances sur une période de cinq ans à Montréal, est la première à examiner le lien entre proximité de la pollution et effets néfastes sur les naissances.
[1] « Neighbourhood socioeconomic status, maternal education and adverse birth outcomes among mothers living near highways » par Mélissa Généreux, Nathalie Auger, Marc Goneau et Mark Daniel dans Journal of Epidemiology and Community Health, volume 62, n° 8 d’août 2008