La Commission européenne a présenté hier une série de mesures visant à réduire les émissions de CO2 au sein de l’Union européenne. L’objectif de ce plan est de porter, d’ici 2020, à 20 % la part des énergies renouvelables (éolien, hydraulique, biomasse, solaire) dans la consommation de l’Union et de réduire de 20 % les émissions de gaz à effet de serre (par rapport à 1990).
Alors que José Manuel Barroso, président de la Commission, estime que « c’est le moment de faire preuve de sérieux, de sens des responsabilités et de cohérence », il doit déjà résister à de multiples pressions. Pressions des industriels et des pays membres, soucieux de ne pas favoriser une production venue d’états moins pointilleux en matière d’environnement, mais aussi des défenseurs de l’environnement, qui souhaiteraient des mesures plus ambitieuses.
L’une des mesures phares, également l’une des plus contestées, est celle de la refonte du mécanisme d’échange des quotas d’émissions de gaz à effet de serre. Le marché européen des quotas d’émission, aujourd’hui limité à quelques secteurs (énergie, métallurgie), devrait être élargi à d’autres activités. Par ailleurs, le plan prévoit de rendre ces “permis de polluer” payants pour la plupart des secteurs concernés. Ils seront vendus aux enchères dès le début de 2013, sur la base d’allocations, non plus nationales, mais sectorielles. Devant la levée de boucliers, certains domaines d’activité (comme la sidérurgie, la pétrochimie et le transport aérien) devraient toutefois bénéficier d’une certaine progressivité pour l’application de cette mesure.
Des efforts considérables seront nécessaires de la part de tous les acteurs si l’Union européenne veut être à la hauteur des engagements qu’elle a pris et ainsi faire figure d’exemple, face aux Etats-Unis et à la Chine, dans les négociations internationales sur l’après-Kyoto.