Suite à la diffusion d’une étude réalisée par la Direction Générale de la Santé (DGS) qui pointe du doigt les dangers des « chaînes spécifiques pour les enfants de moins de 3 ans », le ministre français de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, a lancé vendredi dernier « un cri d’alarme » contre ces chaînes, estimant qu’elles représentent « un danger ».
Dans un avis rendu début mai au Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA) dévoilé par le journal Le Parisien [1], la Direction Générale de la Santé « se prononce contre les chaînes spécifiques pour les enfants de moins de 3 ans, indépendamment du type de programme », considérant même « qu’au-delà de 3 ans chez le jeune enfant, l’usage de la télévision doit être particulièrement prudent ».
Bien qu’ « aucune étude ne démontre actuellement que les programmes de télévision spécifiquement conçus pour les très jeunes enfants puissent avoir un effet bénéfique sur le développement psychomoteur et affectif de l’enfant », les chaînes Baby TV et BabyFirst assurent pourtant offrir « un contenu adapté aux besoins des bébés et des jeunes enfants », voire « un outil ludoéducatif » favorisant leur développement. Allégation que la Direction Générale de la Santé préconise d’interdire. Par ailleurs, « la convention accordée aux chaînes jeunesse sera modifiée pour qu’elles s’adressent aux enfants à partir de 3 ans et non 2 ans comme c’était le cas. Cela vise les chaînes existantes et les chaînes à venir », explique Agnès Vincent-Deray, membre du CSA et présidente du groupe de travail sur la protection de l’enfance.
Enfin, les chaînes et les opérateurs devront informer leur public et leurs abonnés sur les risques de la télévision pour les moins de 3 ans. Une fois sensibilisés, ce sera aux parents de trancher puisque ces chaînes ne peuvent pas être interdites car émises de l’étranger.
En savoir plus sur les enfants face à la télévision.
[1] « Télévision : attention, les bébés regardent » par Carine Didier dans Le Parisien du vendredi 20 juin 2008