La semaine dernière, deux ONG, Pesticide Action Network Europe et Milieudefensie (Pays-Bas), ont fait frémir nos Eurodéputés en révélant les résultats des analyses qu’ils ont effectuées, en juillet 2007, sur les résidus de pesticides de fruits achetés au Parlement.
Le panier testé contenait 8 types de fruits différents, achetés dans une boutique du Parlement Européen à Bruxelles et produits essentiellement en Europe : des fraises belges, des oranges espagnoles, des pommes et des poires françaises, 3 sortes de raisins, dont 2 d’Italie et un d’Egypte et enfin des abricots dont l’origine n’est pas spécifiée. Ces fruits ont été analysés pour évaluer leur teneur en résidus de pesticides et les résultats sont édifiants.
28 résidus de pesticides différents ont été retrouvés dans les échantillons, avec en moyenne 5 résidus différents par fruit, tous les échantillons étant contaminés. La première marche du podium revient aux fraises avec pas moins de 14 pesticides différents ! Parmi ces résidus, 10 cancérigènes connus, 3 neurotoxiques, 3 toxiques pour le développement ou le système reproducteur et 8 perturbateurs endocriniens suspectés ont été retrouvés. 2 de ces polluants sont même classés comme “hautement dangereux” par l’OMS.
Il ne s’agit malheureusement pas de faits isolés. Les enquêtes menées en 2006 au sein de l’Union européenne faisaient état de plus de 324 pesticides différents retrouvés dans les 60 450 échantillons testés, dont 40 % étaient contaminés. En France, ce sont 48 % des aliments qui contiennent des pesticides dont 4 % au-delà des Limite Maximale en Résidus (LMR - seuil légal à ne pas dépasser).
Espérons que les députés garderont les résultats de ces analyses à l’esprit lors du vote de première lecture sur la stratégie concernant les pesticides qui aura lieu le 22 octobre prochain.
Source : MDRGF