Le diabète gestationnel, au même titre que le tabagisme ou l’alcoolisme fœtal, multiplierait par deux les risques pour les enfants de présenter un retard de langage.
« Cette découverte est importante parce qu’elle nous indique que le diabète de grossesse modifie la composante sanguine des mères au même titre que peut le faire la nicotine (...) Le sang dans le corps de la mère qui souffre de diabète affecte l’enfant parce qu’il est plus élevé en glucose, alors que l’apport en fer et en oxygène est moins élevé », explique Ginette Dionne, chercheuse en psychologie du développement à l’Université Laval de Québec et co-auteur de l’étude publiée dans la revue Pediatrics [1].
Afin de comparer les effets du diabète gestationnel sur le langage des enfants, les chercheurs ont comparé, entre l’âge de 18 mois et 7 ans, le vocabulaire et la grammaire de 221 enfants dont la mère souffrait de diabète gestationnel aux capacités de 2 612 enfants dont la mère n’était pas diabétique. Les résultats des enfants de mères non diabétiques ont été largement supérieurs à ceux des enfants de mères diabétiques, démontrant que le risque de souffrir d’un retard de langage est deux fois plus élevé chez les enfants dont la mère souffre de diabète gestationnel.
[1] « Gestational diabetes hinders language development in offspring » par Ginette Dionne, Michel Boivin, Jean R. Séguin, Daniel Pérusse et Richard E. Tremblay dans Pediatrics volume 122, n° 5 de novembre 2008, pp.e1073-e1079