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Faire des bébés deviendrait plus difficile

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Publié le 26 avril 2008

Les femmes retardant l’âge de leur première grossesse et la fertilité masculine se détériorant, faire des enfants risquerait de devenir plus compliqué.

Selon une étude menée par les chercheurs français de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) [1], ces deux évolutions auraient non seulement un impact sur le nombre final d’enfants par femme mais aussi sur l’accroissement possible des demandes de procréation médicalement assistée.

Les résultats de différentes études ont suscité l’intérêt des chercheurs. D’un côté, la baisse de qualité du sperme sur un délai de 45 ans pourrait diminuer de 15 % la fécondabilité des couples. De l’autre, l’âge auquel les femmes souhaitent leur premier enfant ne cesse d’augmenter et a déjà gagné près de 5 ans ces trente dernières années. Les chercheurs de l’Inserm ont donc voulu évaluer précisément l’impact de ces facteurs biologiques et comportementaux sur la natalité française.

Ils ont mis au point un modèle de simulation du comportement reproductif d’une population de 100 000 femmes nées vers 1968. Après avoir intégré une multitude de facteurs (nombre d’enfants désiré, efficacité des moyens de contraception, risque de fausse couche…), l’équipe a soumis le modèle à différentes contraintes : une baisse de fécondabilité de 7 % puis de 15 % et un âge moyen lors de la recherche du premier enfant retardé de 30 mois puis de 69 mois par rapport à la valeur initiale (25,1 ans).

L’impact réel de ces modifications sur la fécondité reste limité. Le nombre d’enfants par femme passerait de 2,00 à 1,92 si la fécondabilité diminuait de 15 %, et à 1,77 si l’âge moyen lors de la première grossesse passait de 25,1 ans à 33 ans. Toutefois, ils mettent en avant des difficultés plus importantes pour procréer. La baisse de 15 % de la fécondabilité entraînerait un bond de 73 % d’éligibilité à la procréation médicalement assistée ; l’augmentation de l’âge moyen de la recherche du premier enfant à 33 ans provoquerait quant à elle une hausse de 80 %. Un couple sur 5 serait alors concerné par la procréation médicalement assistée.

Pour Henri Leridon, « l’intérêt de cette simulation est de montrer que la fécondité de la population française n’est pas menacée à court terme par la baisse de la fécondabilité et l’âge plus avancé des mères. Cependant ces modèles montrent que les difficultés individuelles à concevoir pourraient aller en augmentant. Et elles entraîneraient un surcoût important pour la société compte tenu du recours accru à la procréation médicalement assistée. Or, ces techniques sont assez peu efficaces chez les demandeurs d’âge avancé. Les couples qui retardent toujours le moment d’avoir un enfant doivent en être avertis ».

Notes


[1] « The impact of a decline in fecundity and of pregnancy postponement on final number of children and demand for assisted reproduction technology » par Henri Leridon et Remy Slama dans Human Reproduction


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