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Huile de lin et risque d’accouchement prématuré

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Publié le 29 octobre 2008

De nombreuses femmes recourent aux produits de santé naturels au cours de leur grossesse. Déplorant le manque d’études sur la consommation de tels produits par les femmes enceintes, le Professeur Anick Bérard de la Faculté de pharmacie de l’Université de Montréal et chercheur au Centre de recherche du CHU Sainte-Justine, a entrepris la plus vaste étude jamais menée sur le sujet auprès de 3 354 Québécoises.

« On pense que ces produits sont sans danger parce qu’ils sont naturels. Mais ce sont en réalité des produits chimiques dont on ne connaît pas beaucoup les bienfaits ni les risques contrairement aux médicaments », explique Anick Bérard.

L’étude menée par le Professeur Anick Bérard a tout d’abord permis de dresser un état des lieux de la consommation de produits de santé naturels par les femmes enceintes. On apprend ainsi que près de 10 % des femmes qui ont vécu une grossesse entre 1998 et 2003 ont recouru à des produits de santé naturels alors qu’elles étaient enceintes. Parmi une liste de 40 produits naturels, les plus consommés par les femmes enceintes ont été la camomille (19 %), le thé vert (17 %), la menthe poivrée (12 %) et le lin (12 %).

La consommation de deux de ces produits a suscité des craintes particulières : la camomille, qui est un diurétique et aurait une influence sur le cycle menstruel, et le lin, riche en oméga-3, réputé pour son action laxative. Par ailleurs, les possibles interactions des produits naturels avec d’éventuels médicaments prescrits ont également été source d’inquiétudes.

S’intéressant tout particulièrement aux naissances prématurées, le Professeur Anick Bérard a constaté que la consommation d’huile de lin au cours des six premiers mois de la grossesse multipliait par 4 le risque d’accouchement prématuré. « Dans l’ensemble de la population, le taux de prématurité est de 2 % à 3 % alors qu’il grimpe à 12 % chez celles qui consomment du lin au cours des deux derniers trimestres de leur grossesse », explique Anick Bérard.

Cette augmentation du risque de naissances prématurées pourrait être due au fait que le lin est une source importante de phytÅ“strogènes qui miment l’action de l’Å“strogène. Ces molécules peuvent conduire à une diminution de l’apport nutritif, ce qui causerait la prématurité, ou entraîner une augmentation du niveau de prostaglandines, provoquant les contractions de l’utérus.

Il est à noter que cette incidence n’est à déplorer qu’avec la consommation de lin sous forme d’huile et non sous forme de graines. Par ailleurs, aucun autre produit naturel n’est apparu corrélé avec la prématurité.

Notes


Source : Université de Montréal


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