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La santé influencée in-utéro ?

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Publié le 18 novembre 2008

La santé d’un individu serait en partie programmée par l’environnement auquel le fÅ“tus est exposé dans l’utérus. En effet, selon une nouvelle étude menée en Hollande [1], les enfants qui ont connu la famine in-utero, pendant les premières semaines de gestation, seraient marqués à vie ; leur patrimoine génétique gardant trace de ces privations.

Des chercheurs américains et hollandais ont étudié l’état de santé de personnes, aujourd’hui âgées d’une soixantaine d’années, dont les mères avaient été rationnées, pendant l’hiver 1944-45, suite au blocus de l’Ouest des Pays-Bas décrété par l’Allemagne nazie. Cette période est tout particulièrement propice à ce type d’études à de multiples égards. Les registres médicaux ont en effet continué à être tenus au cours de cette période, offrant un descriptif précis des rationnements alimentaires ; les futures mères mangeaient alors en moyenne 500 calories par jour. Par ailleurs, la durée limitée de cette famine permet aux chercheurs d’évaluer ses effets sur certains individus en les comparant avec leurs frères et sÅ“urs conçus hors privations.

Les chercheurs ont ainsi pu observer un changement génétique chez les personnes exposées à ces privations au cours des 10 premières semaines de gestation. En revanche, ils n’ont pas trouvé d’impact similaire chez ceux qui étaient dans leurs dix dernières semaines de gestation au moment de la famine. Il semble donc que le début de la grossesse soit déterminant, précise le Docteur Lambert Lumey du département d’épidémiologie de l’Université Columbia.

Les conséquences de cette modification génétique sont encore inconnues ; d’autres études seront nécessaires pour déterminer si, par exemple, elle peut contribuer à augmenter le risque de maladies cardiovasculaires ou de cancers.

Notes


[1] « Persistent epigenetic differences associated with prenatal exposure to famine in humans » par Bastiaan T. Heijmans, Elmar W. Tobi, Aryeh D. Stein, Hein Putter, Gerard J. Blauw, Ezra S. Susser, P. Eline Slagboom et Lambert H. Lumey dans Proceedings of the National Academy of Sciences of the United States of America (PNAS) volume 105, n° 44 du 4 novembre 2008, pp.17046-17049


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