© Julien Bastide
La généralisation de la vaccination contre la coqueluche depuis les années 1960 avait entraîné un recul spectaculaire du nombre de malades et l’on avait cru la maladie éradiquée. Mais depuis les années 1990, on assiste à une recrudescence de la coqueluche qui cause, en France, une dizaine de décès par an.
La coqueluche est une infection très contagieuse des voies respiratoires causée par bordetella pertussis. Elle peut frapper des personnes de tous âges mais elle est particulièrement grave chez les nourrissons. C’est d’ailleurs la première cause de mortalité par infection bactérienne chez les bébés de moins de 2 mois.
Fait nouveau : les spécialistes ont constaté que le mode de transmission de la maladie avait changé. Alors qu’autrefois les enfants se transmettaient la maladie entre eux, le principal vecteur actuel de la coqueluche chez les tout-petits est l’adulte qui n’est plus immunisé. En effet, comme le précise Nicole Guiso, responsable, à l’Institut Pasteur, du Centre national de référence de la coqueluche, qui lance une alerte sur la recrudescence de cette maladie, « on a longtemps cru que la coqueluche était une maladie pédiatrique et que trois injections du vaccin à un mois d’intervalle effectuées sur le nourrisson, avec un seul rappel à l’âge de 2 ans, suffisaient pour obtenir une immunité à vie. Or, on s’est rendu compte que ces vaccinations n’étaient efficaces que durant huit ou neuf ans ».
L’âge moyen du “contaminateur” des bébés qui ne sont pas encore vaccinés étant de 29 ans, ce qui correspond aux parents ou à l’entourage de l’enfant, le Conseil supérieur d’hygiène publique de France propose de vacciner les futurs parents ainsi que tous les adultes en contact régulier avec des nourrissons. Le rappel de la coqueluche pour les adultes sera donc inscrit au prochain calendrier vaccinal.