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Résidus de pesticides dans le vin

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Publié le 15 avril 2008

Homme servant du vin © Julien Bastide
L’information a de quoi faire voir rouge les amateurs de vin : une grande partie des vins, y compris des grands crus, est contaminée par des résidus de pesticides.

Les membres du réseau Pesticides Action Network Europe (PAN-Europe) ont publié les résultats d’une série d’analyses effectuée sur des vins du monde entier et dénoncent la contamination généralisée de ces vins par des résidus de pesticides. Dans le cadre de l’étude, ils ont procédé à l’analyse de 40 bouteilles de vin rouge en provenance de France, d’Autriche, d’Allemagne, d’Italie, du Portugal, d’Afrique du sud, d’Australie et du Chili. 34 étaient issues de l’agriculture conventionnelle et 6 de l’agriculture biologique.

Les résultats démontrent la contamination de 100 % des vins conventionnels testés par plus de 4 résidus de pesticides différents en moyenne ; les plus contaminés d’entre eux en contenant jusqu’à 10. Un seul des vins biologiques analysés présentait une faible quantité d’un seul résidu de pesticide, dont la présence est certainement due à des pulvérisations en provenance des parcelles voisines.

Les niveaux de contamination relevés dans cette étude sont variables et ne dépassent pas les limites maximales autorisées (LMR). Cependant, le Mouvement pour le Droit et le Respect des Générations Futures (MDRGF), partenaire de l’organisation PAN-Europe en France, rappelle « qu’il n’existe pas de LMR vin à proprement parler mais qu’on se réfère à celles utilisées pour le raisin qui sont très élevées. Il faut en outre préciser que les niveaux de contamination observés dans le vin sont considérablement plus élevés que les niveaux tolérés pour les pesticides dans l’eau puisque qu’on a trouvé dans certains vins testés des quantités jusqu’à plus de 5800 fois supérieures aux Concentrations Maximales Admissibles (CMA) autorisées par pesticide dans l’eau du robinet ».

Si Viniflhor (Office national interprofessionnel des fruits, des légumes, des vins et de l’horticulture) souligne, en réaction à la publication des résultats de l’étude, que «  les produits détectés dans cette étude sont tous autorisés (…) et servent à protéger la vigne des principales maladies, comme le mildiou, pouvant compromettre la pérennité de la plante et la qualité des vins », on est tout de même en droit de s’inquiéter. Parmi les résidus trouvés de nombreuses molécules sont des cancérigènes possibles ou probables, des toxiques du développement ou de la reproduction, des perturbateurs endocriniens ou encore des neurotoxiques.

Pour François Veillerette, président du MDRGF et administrateur du réseau PAN-Europe, « il est grand temps, conformément aux décisions du Grenelle, que la viticulture réduise sa consommation de pesticides pour réduire l’exposition des consommateurs en privilégiant les techniques alternatives aux pesticides ». L’utilisation de pesticides en viticulture est tout particulièrement intensive (20 % des pesticides utilisés sur 3 % de la surface agricole).


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