Publié en novembre 2008
© Julien Bastide
L’alimentation joue un rôle déterminant sur notre santé. On sait aujourd’hui qu’il est essentiel de limiter ses apports en aliments gras, salés et sucrés. Parallèlement, nous sommes de plus en plus nombreux à consommer des produits issus de l’industrie agroalimentaire pour lesquels il peut être difficile de contrôler la teneur en matières grasses, sel et sucre.
Le tableau de valeur nutritive présent sur la plupart des produits alimentaires achetés en grandes surfaces devrait nous renseigner mais bien souvent il est ignoré ou mal compris par les consommateurs. Dans ce cas, comment savoir ce que vous mangez ? Bambin Nature revient pour vous sur les informations présentes sur les emballages, leurs limites et vous présente les propositions d’améliorations faites par divers nutritionnistes.
Constat
Quelles solutions apporter ?
Selon la réglementation européenne en vigueur [1], l’étiquetage des produits alimentaires est facultatif, mais devient obligatoire lorsqu’une allégation nutritionnelle figure sur l’étiquetage ou dans une publicité, c’est-à-dire si une déclaration concernant ce produit indique ou laisse supposer que celui-ci possède des propriétés nutritionnelles particulières.
Si les fabricants choisissent volontairement de faire figurer les nutriments sur l’étiquette, ils doivent respecter certaines règles. Deux formats sont autorisés :
Les étiquettes peuvent également mentionner la quantité de sucre, d’amidon, de polyols [2], d’acides gras monoinsaturés [3], d’acides gras polyinsaturés [4] et de cholestérol ou l’un des minéraux ou vitamines identifiés. La déclaration de la valeur énergétique et de la teneur en nutriments doit se présenter sous forme numérique, avec des unités de mesure spécifiques. Les informations sont exprimées par 100 grammes, 100 millilitres ou par emballage. Celles qui concernent les vitamines et les sels minéraux doivent en plus être exprimées en pourcentage de l’Apport Journalier Recommandé (AJR).
Une étude paneuropéenne du Conseil européen de l’information sur l’alimentation (EUFIC) [5], apporte de précieuses informations sur le comportement des Européens à l’égard des informations nutritives présentes sur les emballages de produits alimentaires. Réalisée auprès d’environ 17 300 personnes interrogées en France, en Allemagne, en Hongrie, en Pologne, en Suède mais aussi au Royaume-Uni, dans des supermarchés ou bien chez elles, cette étude révèle que 18 % des Européens seulement (entre 27 % au Royaume-Uni et 9 % en France) consultent régulièrement, en magasin, les informations nutritionnelles présentes sur l’emballage des produits qu’ils achètent.
Les consommateurs semblent pourtant retrouver, dans les systèmes d’étiquetage, les informations nutritionnelles dont ils ont besoin. La moitié des personnes interrogées a en effet pu répondre à des questions liées à l’interprétation des repères nutritionnels journaliers ou à d’autres informations nutritionnelles présentes sur les étiquettes.
Imposé depuis le 12 décembre 2005 aux acteurs de l’agroalimentaire par le gouvernement fédéral, l’ajout sur les emballages d’un tableau récapitulant les valeurs nutritives d’un produit visait à éclairer dans leurs choix les consommateurs qui font face à une alimentation de plus en plus industrialisée. Au-delà des calories absorbées par portion, le tableau décline la quantité de 13 éléments nutritifs (lipides dont acides gras saturés et trans, cholestérol, sodium, glucides dont fibres et sucres, protéines, vitamines A et C, calcium et fer), et ce, en pourcentage de la valeur quotidienne recommandée par les autorités sanitaires.
En savoir plus sur... les informations contenues dans le tableau de valeur nutritive des emballages de produits alimentaires canadiens.
Or, ce tableau aurait en fait une portée bien limitée en matière de santé publique. C’est du moins ce qu’estime l’association de défense des droits des consommateurs, Option consommateurs, qui remet sérieusement en question cet outil d’information diététique et en appelle à une solution de remplacement simplifiée.
« Qui prend le temps de lire tout ça ? », se questionne Michel Arnold, directeur général d’Option Consommateurs. « Nous sommes pour l’information nutritionnelle, et c’est pour cela que nous demandons au gouvernement de faire preuve d’imagination pour simplifier l’information livrée au public et la rendre ainsi accessible au plus grand nombre possible ». Selon lui, la majorité des Canadiens se perdraient dans l’abondance, la lourdeur et la complexité de l’information exposée. « On ne tient pas compte du fait que 42 % de la population âgée de 16 à 65 ans au Canada est composée d’analphabètes fonctionnels », souligne Michel Arnold. « Oui, ils peuvent lire cette étiquette, mais pas la comprendre ».
Ainsi, les consommateurs des deux côtés de l’Atlantique auraient encore bien du mal à s’approprier les informations nutritionnelles présentes sur la plupart des emballages des aliments achetés dans le commerce.
Une étude menée par le Conseil européen de l’information sur l’alimentation (EUFIC) a montré que l’étiquetage nutritionnel proposé actuellement en Europe « n’est ni attrayant ni motivant ». Selon cette même étude, les consommateurs souhaiteraient des modifications de 3 ordres :
Ainsi, les consommateurs « ont besoin de références compréhensibles et accessibles, cautionnées par une autorité compétente et digne de confiance », mais également « d’informations simples et faciles à utiliser dans le cadre de leur consommation alimentaire quotidienne ». Comment les satisfaire ?
12 experts en nutrition des États-Unis et du Canada proposent d’attribuer à chaque aliment une note chiffrée, selon un indice variant de 1 à 100 (100 étant la note optimale). Cet indice ONQI est basé sur un algorithme mathématique qui compile l’information sur une trentaine de nutriments (matières grasses, vitamines, antioxydants…) qui se trouvent dans un aliment donné et qui ont un effet sur la santé humaine et tient également compte des différents guides alimentaires et lignes directrices gouvernementales en nutrition.
Selon l’un des chercheurs qui ont développé l’indice ONQI, le Docteur David Katz, professeur à l’École de médecine de l’Université Yale (Etats-Unis), « avec l’algorithme, le chocolat noir, grâce aux flavonoïdes, obtiendra un score supérieur à celui du chocolat au lait. Le consommateur saura qu’il fait un meilleur choix avec le chocolat noir. Il saura aussi qu’une pomme serait encore mieux... ».
Cet indice nutritionnel clarifie nettement les informations relatives au contenu des aliments. « Actuellement, avec la multitude de logos, symboles et allégations sur le marché, il est pratiquement impossible pour le consommateur de comparer les aliments entre eux », affirme le Docteur Katz. De plus, l’indice ONQI permet aussi bien de comparer des aliments de différentes catégories que ceux d’un même groupe alimentaire. « Par exemple, on pourrait croire que la mayonnaise Hellman’s légère est plus santé que l’ordinaire, mais globalement, l’ordinaire est à privilégier, car elle contient nettement moins de sel que la formule allégée », illustre David Katz.
Plus de 50 000 produits ont déjà été évalués et plusieurs milliers de supermarchés américains devraient étiqueter leurs produits avec la cote ONQI dès le printemps 2009. « Des discussions sont également en cours avec des supermarchés canadiens afin d’y implanter des projets-pilotes », a précisé le Docteur Katz.
© British Heart Foundation
La Food Standards Agency (FSA) britannique a quant à elle retenu une approche qui rappelle les feux tricolores de signalisation routière. Un cercle vert apposé sur un emballage signifie qu’un aliment est bon pour la santé, un cercle jaune invite à la modération alors qu’un cercle rouge stipule que l’aliment devrait être évité.
« Les consommateurs que nous avons sondés ont adoré cette approche, mais ils voulaient en savoir un peu plus », explique Rosemary Hignett, directrice Nutrition à la FSA. Ainsi, les emballages de produits alimentaires n’arboreront pas un mais quatre cercles de couleur :
le premier est associé à la quantité de matières grasses,
le second, à la quantité de gras saturés,
le troisième, à la quantité de sel,
le dernier, à la quantité de sucre.
Parallèlement à chaque cercle de couleur, on trouve également une valeur qui correspond à la quantité de sucre ou de sel, par exemple, qui se trouve dans une portion.
À ce jour, 50 % des grandes chaînes d’alimentation britanniques ont adopté, de manière volontaire, les nouvelles étiquettes pour leurs produits maison. En France, un étiquetage similaire a récemment été mis en place sur les produits de la Sélection des Mousquetaires distribués par les magasins Intermarché. Trois cercles de couleur (vert, jaune ou orange) indiquent la teneur en sucre, matières grasses et sel de ces produits. Par ailleurs, des carrés bleus identifient les nutriments à privilégier (fibres, vitamines, calcium…) en spécifiant le pourcentage de l’apport journalier recommandé. Enfin, un dernier carré blanc précise la valeur énergétique.
Autant d’initiatives qui vont dans le bon sens en simplifiant l’accès aux informations nutritionnelles essentielles et en permettant ainsi au plus grand nombre de faire des choix éclairés en matière de nutrition !
[1] Directive 90/496/CEE du Conseil, du 24 septembre 1990, relative à l’étiquetage nutritionnel des denrées alimentaires
[2] Les polyols sont des additifs alimentaires, principalement d’origine synthétique, classés dans la catégorie des édulcorants mais aussi, pour certains, dans celle des agents de texture, du fait de leurs autres propriétés technologiques : consistance, viscosité... (Source : Weblibre).
[3] Les acides gras monoinsaturés sont des constituants des lipides. Ils ont une influence sur le taux de cholestérol sanguin ; ils sont reconnus pour abaisser le “mauvais cholestérol” et pour augmenter le “bon cholestérol”.
[4] Constituants des lipides, les acides gras polyinsaturés jouent de nombreux rôles dans la construction et le maintien des membranes des cellules, de la peau, des cellules nerveuses et de la rétine, la synthèse des hormones et les différents processus enzymatiques, le système immunitaire, la pression artérielle…
[5] « Pan-European consumer research on in-store behaviour, understanding and use of nutrition information on food labels, and nutrition knowledge » par le Docteur Josephine Wills et le Professeur Klaus G. Grunert, présenté le 8 novembre dernier, lors du premier congrès européen sur l’alimentation, à Ljubljana en Slovénie
|
30 juillet 2009
Consommer du lait pour vivre plus vieux
28 juillet 2009
L’allaitement en public choquant ?
6 juillet 2009
La France rejette les conclusions de l’EFSA
1er juillet 2009
Le maïs Mon 810 sans risques pour l’EFSA
29 mai 2009
Oui au bio dans ma cantine |
|
A vos marmites
>
Purées, bouillies et compotes pour bébé
Menu de Thanksgiving
A vos marmites
>
Purées, bouillies et compotes pour bébé
Fromage blanc aux fraises
A vos marmites
>
Plats de saison pour les parents
Flan de courgette sur lit de coulis de tomate
Principes d’une saine alimentation
>
Allaitement du nourrisson
Lait maternel : un concentré de santé
Principes d’une saine alimentation
>
Allaitement du nourrisson
L’allaitement : comment ça marche ? |
|
Alimentation / Nutrition
>
Principes d’une saine alimentation
Comment savoir ce que vous mangez ?
Hygiène et Soins
>
Trousse de secours contre maux et bobos
Sexualité après bébé
Pratiques complémentaires
>
Éveil de l’enfant
>
Les bambins lisent...
Concours A tes souhaits !
Maison au naturel
>
Préserver l’environnement de l’enfant
Sauvons les grenouilles ! |
|
Alimentation / Nutrition
>
A vos marmites
>
Purées, bouillies et compotes pour bébé
Compote de figues fraîches
Alimentation / Nutrition
>
Principes d’une saine alimentation
>
Diversification alimentaire de l’enfant
Les étapes de la diversification alimentaire
Alimentation / Nutrition
>
Principes d’une saine alimentation
>
Allaitement du nourrisson
Comment sevrer bébé ?
Hygiène et Soins
>
Prévention santé
Les taches qui fâchent
Alimentation / Nutrition
>
Principes d’une saine alimentation
Comment savoir ce que vous mangez ? |