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Le sevrage du nourrisson est une étape délicate qu’il ne faut absolument pas brusquer. Tout doit se faire en douceur afin de faciliter le détachement entre la mère et l’enfant. Il est donc primordial que vous soyez sure d’être prête à aborder cette transition afin de ne pas regretter le moment fusionnel que constitue l’allaitement.
Pour s’effectuer de manière satisfaisante pour l’enfant comme pour sa mère, le sevrage doit être progressif et empreint de douceur.
Qu’est-ce que le sevrage ?
Quand commencer le sevrage ?
Pour un sevrage graduel
Les difficultés rencontrées
Sevrer un enfant c’est « arrêter totalement ou en partie de lui donner le sein pour lui donner un “lait” infantile et/ou pour commencer à lui proposer d’autres aliments que le lait » [1].
Lorsque le bébé est âgé de moins de 6 mois, le sevrage constitue donc le passage à un autre lait ; le lait maternel est remplacé par un lait 1er âge donné au biberon. Après 6 mois, le sevrage peut se faire soit avec du lait de suite ou lait 2ème âge, soit par l’introduction de légumes et de fruits en purée.
Il n’existe pas de moment idéal pour cesser d’allaiter. Etant donné la nature tout particulièrement intime de la relation d’allaitement maternel, le moment du sevrage ne peut être déterminé que par vos propres besoins et ceux de votre enfant. C’est uniquement à vous et à votre bébé de décider quand il sera temps de mettre un terme à l’allaitement maternel. Ne vous laissez donc pas influencer par votre entourage.
Bébé peut manifester des signes démontrant qu’il est prêt à diversifier son alimentation, sachez y être attentive :
De votre côté, il est possible que vous constatiez, qu’à certaines périodes de la journée, vous avez moins de lait. Choisissez le moment de cette tétée moins abondante pour donner un biberon.
Si il n’existe pas de période idéale pour sevrer son enfant, il y a, au contraire, des moments où il est préférable de ne pas le faire. Evitez de commencer le sevrage lorsque vous êtes fatiguée ou dans un moment de déprime ; à moins que cela n’entraîne une diminution de la lactation qui permette de mettre en route un allaitement mixte. Choisissez une période où bébé est particulièrement en bonne forme ; évitez les périodes de poussées dentaires ou lorsqu’il est enrhumé. Votre enfant et vous-même devrez être psychologiquement et matériellement disponibles.
Si vous êtes contrainte à sevrer votre enfant pour cause de retour au travail, il vous faudra débuter le sevrage au moins trois semaines avant la reprise. Sachez toutefois que, durant la première année, vous pouvez bénéficier légalement d’une réduction d’une heure par jour de votre temps de travail pour poursuivre l’allaitement de votre enfant.
La clé d’un sevrage réussi consiste à procéder graduellement, en entourant tout particulièrement bébé de douceur et d’amour afin qu’il accepte plus facilement cette forme de détachement.
| Tétée 1 | Tétée 2 | Tétée 3 | Tétée 4 | Tétée 5 | |
| Semaine 1 | Sein | Sein | Sein | Biberon | Sein |
| Semaine 2 | Sein | Biberon | Sein | Biberon | Sein |
| Semaine 3 | Sein | Biberon | Biberon | Biberon | Sein |
| Semaine 4 | Sein | Biberon | Biberon | Biberon | Biberon |
| Semaine 5 | Biberon | Biberon | Biberon | Biberon | Biberon |
Vous pouvez choisir d’arrêter le sevrage lorsqu’il ne reste que les tétées du matin et du soir : il s’agit alors d’un sevrage partiel.
Si cela vous est possible, commencez par donner à bébé des biberons de votre propre lait en l’ayant tiré préalablement. De cette manière, bébé reconnaîtra rapidement le goût du lait qu’il boit ordinairement et aura tendance à accepter plus rapidement le biberon.
Habitué à prendre le sein, votre bébé peut tout d’abord repousser le biberon. Sachez que le moment le plus difficile est l’introduction du premier biberon. Alors, soyez patiente, dites-vous que les prochains seront plus faciles et ne vous avouez pas vaincue après un échec lors des premières introductions. Soyez également convaincue que ces quelques malheureuses tentatives n’auront pas traumatisé bébé ; seule une telle situation qui perdurerait durant des mois pourrait le faire.
Voici donc quelques conseils qui vous aideront à prendre rapidement la situation en mains :
Un sevrage progressif doit permettre d’éviter que vos seins ne s’engorgent de lait. En effet, c’est la régularité et la fréquence à laquelle les seins sont stimulés qui maintiennent la production de lait. Toutefois, les engorgements sont toujours possibles pendant le sevrage. Si vous sentez que vous avez du lait et que vos seins vous font mal, traitez-les comme pour un engorgement. Tirez un peu de lait mais pas de trop sinon vos seins vont “croire” que vous conservez cette tétée. Une douche chaude sur les seins, la pose de compresses tièdes permettent également de favoriser l’écoulement du lait.
En savoir plus sur les étapes de la diversification alimentaire.
« L’allaitement. De la naissance au sevrage » par le Docteur Marie Thirion aux éditions Albin Michel, collection “Bibliothèque de la famille”
[1] « La santé vient en mangeant. Le guide nutrition de la naissance à 3 ans » par l’Agence Française pour la Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA), décembre 2005