Publié en mai 2008
JasonRWarren @ iStockPhoto
A l’occasion de la Quinzaine du commerce équitable organisée du 26 avril au 11 mai, Bambin Nature revient sur les fondements de cette autre manière de consommer qui privilégie les relations commerciales fondées sur le dialogue, la transparence et le respect, et garantit les droits des producteurs en leur donnant les moyens de vivre décemment de leur travail.
Principes du commerce équitable
Structuration du mouvement
Labels du commerce équitable
Etat des lieux
La Quinzaine du commerce équitable
Les acteurs du commerce équitable ont défini cette vision du commerce comme « un partenariat commercial fondé sur le dialogue, la transparence et le respect, dont l’objectif est de parvenir à une plus grande équité dans le commerce mondial. Le commerce équitable contribue au développement durable en offrant de meilleures conditions commerciales et en garantissant les droits des producteurs et des travailleurs marginalisés, tout particulièrement au Sud de la planète. Les organisations du commerce équitable (soutenues par les consommateurs) s’engagent activement à soutenir les producteurs, à sensibiliser l’opinion et à mener campagne en faveur de changements dans les règles et pratiques du commerce international conventionnel » [1].
Si le principe fondamental du commerce équitable est de garantir aux producteurs un juste prix pour leur travail, c’est-à-dire un prix qui couvre leurs coûts de production et leur permet de faire vivre dignement leur famille, les membres de l’Association Internationale pour le Commerce Équitable (IFAT) ont défini neuf principes qui servent de ligne directrice aux organisations de commerce équitable :
Si le commerce équitable a connu un important essor ces dernières années, le concept n’est pourtant pas récent. Ce sont les Américains qui les premiers développèrent ce type de commerce dès la fin des années 40, conscients qu’il valait mieux donner aux populations les moyens de leur propre développement plutôt que de les maintenir dans une dépendance liée à l’octroi d’aides financières. Mais l’année 1964 marqua un véritable tournant dans le développement du commerce équitable à une plus grande échelle. Lors d’une réunion de la Conférence des Nations Unies pour le Commerce Et le Développement (CNUCED) les représentants des Pays du Sud insistèrent sur la nécessité d’échanges justes, avec le slogan « Trade, not aid » (« le commerce, pas la charité »). Il fallut quelques années pour que ces revendications soient suivies d’effets mais, en 1969, le premier magasin dit de commerce équitable ouvre ses portes aux Pays-Bas, rapidement suivi par des boutiques similaires.
On assiste dès lors à la création de nombreuses organisations. Le mouvement Artisans du Monde émerge, en France, dès 1973, de la mouvance des Compagnons d’Emmaüs de l’Abbé Pierre. En Belgique, deux associations issues d’Oxfam Belgique voient le jour vers 1976 ; il s’agit notamment d’Oxfam-Magasins du Monde.
Les années 80 sont marquées par la structuration des acteurs du commerce équitable en réseaux nationaux, européens et internationaux. En 1988, le premier label du commerce équitable est créé. Il s’agit de Max Havelaar, du nom du héros d’un roman écrit en 1859 par Eduard Douwes Dekker, sous le pseudonyme de Multatuli, qui raconte l’histoire d’un fonctionnaire néerlandais qui se révolte contre l’oppression que subit le peuple javanais dans les Indes néerlandaises, une colonie des Pays-Bas. Un an plus tard, l’association internationale du commerce équitable (International Fair Trade Association - IFAT) est créée ; elle regroupe 300 organisations (producteurs, importateurs, distributeurs, organisations d’appui) de 70 pays différents.
En Europe, le commerce équitable se structure autour de deux organisations. L’European Fair Trade Association (EFTA) est une association de coordination et de coopération du commerce équitable créée en 1990. Elle regroupe 11 importateurs européens et facilite les échanges d’informations, la mutualisation des moyens, l’importation de produits et veille au respect des règles du commerce équitable. Parallèlement, dès 1994, le réseau NEWS ! (Network of European World Shops) fédère quant à lui 250 boutiques spécialisées, dans 13 pays.
En 1997, devant la nécessité de fédérer et de coordonner les différents certificateurs nationaux, Faitrade Labelling Organizations International (FLO) voit le jour. Cette organisation regroupe, dans 21 pays, 20 initiatives nationales de labellisation (sous les noms Max Havelaar, Transfair et Fairtrade) et des réseaux de producteurs représentant des organisations de producteurs certifiés équitables en Amérique centrale, du Sud, en Afrique et en Asie. Elle assure le contrôle des différents maillons de la filière de produits équitables.
Emanant de la fédération internationale FLO, FLO-Cert a été créé en 2004 afin d’assurer le contrôle et la certification des acteurs impliqués dans la production et la commercialisation de produits équitables. Le contrôle permet de s’assurer que les différents acteurs des filières (producteurs et importateurs) respectent les critères définis dans les standards de FLO-International.
En 2008, FLO-Cert a reçu officiellement l’accréditation ISO 65 (ou norme EN 45011 en droit européen) s’appliquant aux organismes de certification. La norme ISO 65 est considérée comme la plus importante reconnaissance internationale pour les organismes de certification. Elle atteste notamment l’indépendance, la transparence et la qualité des procédures de FLO-Cert.
Sur le terrain, le contrôle des organisations de producteurs est effectué par des inspecteurs locaux indépendants, mandatés par FLO-Cert. Trois systèmes de certification du commerce équitable coexistent donc parmi les 21 pays membres de la fédération FLO. Il existe ainsi des logos différents attestant que les produits sont issus du commerce équitable.
Selon une enquête Ipsos réalisée en France à l’occasion de la Quinzaine du commerce équitable [2], la notion de “commerce équitable” est aujourd’hui connue par plus de 80 % des Français, qui l’associent globalement à une bonne qualité des produits ainsi qu’au respect des petits producteurs des pays émergents. Les Français se sentent plutôt proches des valeurs véhiculées par le commerce équitable (66 %), fondées sur l’idée de justice sociale et économique.
36 % des Français déclarent avoir acheté des produits issus du commerce équitable au cours du mois précédent, pour un budget globalement compris entre 5 et 20 € mensuels. En termes de produits, ce sont le café (81 %), le riz/les céréales (48 %) et le thé (34 %) qui constituent l’essentiel du panier “commerce équitable” des Français.
Aujourd’hui, grâce au commerce équitable labellisé, 1,4 millions de producteurs (soit indirectement 7 millions de personnes) vivent dans de meilleures conditions dans 59 pays. Les ventes mondiales de produits “commerce équitable” ont bondi de 37 % en 2005 selon le rapport annuel de Fairtrade Labelling Organisation (FLO). En France, ce sont près de 2 000 produits qui sont distribués par 180 entreprises qui les commercialisent aux conditions du label Fairtrade/Max Havelaar.
Malgré tout, des freins à la consommation des produits issus du commerce équitable subsistent : manque d’exposition et d’accessibilité, produits trop chers par rapport à la concurrence, trop peu d’informations sur le fonctionnement réel du commerce équitable... Seule manière de lever ces réserves : assurer la promotion du commerce équitable auprès du plus grand nombre !
La Quinzaine du commerce équitable
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Du 26 avril au 11 mai 2008, tous les acteurs du secteur (associations, entreprises engagées, institutions, particuliers) s’associent pour sensibiliser le grand public à ce commerce différent. L’objectif de cette Quinzaine est de faire entrer le commerce équitable dans les habitudes d’achat, afin d’assurer le développement d’un nombre toujours plus important de producteurs.Point d’orgue de la Quinzaine, le 10 mai, avec la Journée mondiale du commerce équitable, qui a pour thème « Le commerce équitable crée un bon climat », afin d’attirer l’attention sur le fait que le commerce équitable aide à faire avancer la justice, tant sociale qu’environnementale.
[1] Définition du commerce équitable élaborée par les acteurs du Nord et du Sud impliqués dans le commerce équitable et regroupés au sein de FINE, groupe de travail regroupant quatre structures internationales de commerce équitable (FTO, IFAT, NEWS et EFTA )
[2] « L’opinion et les pratiques des Français en matière de commerce équitable » par Ipsos Public Affairs pour la Plate-forme pour le commerce équitable, le Ministère des Affaires étrangères et le GRET, avril 2008
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