Publié en mars 2008 par Stéphanie Lécole
Mael Boureux @ Fotolia
Bien loin des langes qu’utilisaient nos grand-mères, les couches lavables font leur grand retour. Si pour certains, elles sont plus économiques, plus saines pour bébé mais surtout écologiques, pour d’autres, il s’agit d’un système bien trop contraignant, synonyme de retour en arrière.
Pour y voir plus clair, Bambin Nature s’est intéressé aux avantages et aux inconvénients de ces deux types de change.
Couches lavables : de quoi parle-t-on ?
Au quotidien
Au niveau du porte-monnaie
A l’échelle de la planète
Et pour les fesses de bébé
En guise de conclusion…
Où trouver des couches lavables de qualité ?
Oubliez les carrés de coton à plier et ajuster sur l’enfant puis à fixer avec une épingle à nourrice, les couches lavables ont évolué et ressemblent désormais plus à leurs concurrentes jetables. Elles sont maintenant préformées, munies d’élastiques aux cuisses et à la taille, mais aussi de velcro pour fermer et repositionner aisément. Il existe de nombreux modèles qui diffèrent par la qualité et la nature du tissu, l’épaisseur, la coupe, la taille, la couleur, le système de fermeture…
Les couches lavables réutilisables sont composées de plusieurs niveaux :
Depuis l’apparition des couches jetables, bon nombre de parents voient les couches lavables comme un système archaïque et contraignant. Qu’en est-il réellement ? Voici un aperçu du mode d’emploi des couches lavables.
1- Assemblez la couche. Pour cela, placez, si besoin est (pour les grands mouilleurs ainsi que pour la nuit), un protège couche dans le fond de la couche lavable à l’aide des pressions prévues à cet effet puis ajoutez le voile de protection.
2- Placez la couche sur les fesses de bébé, de la même manière qu’une couche jetable. Une fois la couche lavable en place, ajoutez la culotte de protection par dessus. Assurez-vous bien que rien ne déborde de la culotte de protection, les fuites sont souvent dues à une culotte de protection mal positionnée.
Pour ceux que les deux premières étapes auraient déjà démotivé, sachez qu’il existe des couches lavables où il suffit de glisser la bande absorbante. Ça coûte plus cher mais c’est plus pratique.
3- Lors du change, retirez le voile souillé par les selles et jetez-le dans les toilettes.
4- Si, malgré la feuille de protection, la couche est souillée en profondeur, retirez le résidu sous l’eau. Les couches pré-rincées peuvent ensuite être stockées dans un seau fermé rempli d’eau à laquelle vous aurez ajouté 3 à 5 gouttes d’huiles essentielles de lavande ou d’arbre à thé (tea tree) qui constituent de puissants désinfectants naturels. L’eau devra être changée si vous stockez les couches plus de 4 jours. Il n’est pas nécessaire de laver les culottes de protection à chaque change ; vous pouvez les aérer en attendant une prochaine utilisation ou les rincer à l’eau.
5- Vous pouvez laver les couches à 40 °C, avec le reste de votre linge. N’utilisez pas d’adoucissant ou de blanchisseur, ces produits diminuent la capacité d’absorption des couches et doublures. Notez par ailleurs que lorsque vous achetez des couches lavables, vous devez les laver au moins 2 à 3 fois avant de les utiliser pour la première fois, sinon elles n’absorberont rien. Plus vous les laverez, plus elles seront absorbantes.
Ainsi, après analyse du temps consacré aux activités en relation avec le change de bébé [1], « il apparaît que, contrairement aux préjugés, le temps consacré à l’entretien des couches en tissu n’est pas tellement plus important que celui consacré à l’achat et l’évacuation des couches jetables ».
L’étude comparative du coût des différents modes de change a été très sérieusement réalisée par Anne-Sophie Ourth [2]. Pour cette analyse, elle a comparé les coûts liés d’une part aux couches lavables et d’autre part aux couches jetables, de la naissance jusque la propreté, soit jusqu’à 2,5 ans. Considérant que le nombre de changes est plus élevé dans le cas des couches lavables car les parents hésitent moins à changer leurs enfants, elle a évalué à 5 840 le nombre de couches lavables consommées jusqu’à la propreté, contre 4 380 couches jetables.
Rien n’a été laissé au hasard dans les calculs ; les coûts totaux tiennent compte :
Après étude de diverses hypothèses (utilisation des couches lavables par plusieurs enfants de la fratrie, achat de couches réutilisables et jetables de qualité différente, nombre de couches lavables utilisées pour le roulement…), Anne-Sophie Ourth conclue [3] : « pour un achat très confortable de couches lavables, en changeant fréquemment l’enfant, pour un seul enfant, sans chercher à valoriser les couches à peine usées qui pourraient facilement être vendues, le coût total s’élève à 780€. Pour une consommation raisonnée de couches jetables, avec des couches bon marché, en changeant l’enfant un minimum de fois par jour, sans compter les frais liés aux déplacements pour acheter les couches et les soins pour prévenir et traiter les irritations, le montant total s’élève à 831€. Il apparaît donc que la solution la plus économique en couches jetables a un coût supérieur à une solution confortable en couches lavables, même pour un seul enfant ».
Pour un seul enfant, les couches jetables représentent :
La fabrication des couches jetables nécessite beaucoup d’énergie et l’eau rejetée après la production de la cellulose est fortement chargée en polluants chimiques. Mais laver (et éventuellement sécher au moyen d’un sèche-linge) des couches presque quotidiennement augmente relativement la consommation d’eau et d’électricité... et ce n’est ni économique, ni écologique ! Autant d’éléments à prendre en considération et qui ne permettent de trancher facilement entre les deux types de couches pour choisir le moins polluant !
Différentes études ont tenté d’évaluer l’impact environnemental de ces deux types de change tout au long de leur cycle de vie. Selon le cabinet d’études Best Foot Forward [4], l’empreinte que laisse un enfant à cause des couches est estimée entre 4 440 et 8 000 m² s’il a consommé des couches jetables, 1 800 et 2 300 m² s’il a utilisé des couches lavables lavées à domicile. L’analyse réalisée par Lehrburger, Mullen et James [5], même si elle est à relativiser du fait de son ancienneté, conclue également à un éco-bilan plus positif des couches lavables, en considérant l’extraction des matières premières, les consommations d’énergie et d’eau et la production de déchets solides.
Ainsi, si on opte pour des couches lavables réalisées à base de matières textiles issues de l’agriculture biologique, que l’on les lave avec des lessives “vertes” et que l’on les laisse sécher à l’air libre, l’impact des couches réutilisables est bien moindre que celui des couches jetables.
© Photo libre
Les couches jetables nous garantissent « un bébé au sec ». Malheureusement, pour cela, la couche est gorgée de produits chimiques et doublée de plastiques étanches, qui interdisent à la peau de respirer. A l’opposé, il est admis que les couches lavables, fabriquées en tissu et totalement dépourvues de produits chimiques ajoutés, laissent respirer la peau de bébé mais conservent une certaine humidité. Quelles sont donc les conséquences pour les fesses de nos enfants ?
Il est unanimement reconnu que les irritations sont principalement causées par l’humidité sur la peau de bébé. Mais la chaleur, la décomposition de l’urine en ammoniaque et surtout les bactéries jouent également un rôle majeur. Un seul moyen pour neutraliser ces effets : changer souvent la couche, ce que les couches jetables n’incitent pas à faire, principalement car elles semblent sèches, mais aussi à cause de leur coût et l’envie de réduire les gaspillages.
Malgré l’humidité que certaines couches réutilisables peuvent maintenir, il semble qu’elles permettent, du fait de l’aération de la peau qu’elles favorisent, de protéger les fesses de bébé des fameux érythèmes fessiers. Par ailleurs, la sensation d’humidité qu’elles procurent à l’enfant lorsque elles sont mouillées n’est pas sans intérêt. En lui permettant de ressentir le moment où il est en train d’uriner, les couches lavables favorisent la propreté de bébé. Il est reconnu qu’un enfant qui porte des couches réutilisables est en moyenne propre plus tôt. En 1961 alors que le lange en coton était le plus répandu, 90 % des enfants étaient propres à 2,5 ans ; en 1997, ils n’étaient plus que 22 %.
Les couches jetables, fermées par une culotte plastique occlusive, seraient par ailleurs responsables d’une élévation de la température au niveau des bourses des petits garçons. En bloquant le mécanisme physiologique de refroidissement des testicules, les couches jetables soumettraient les bourses à une température plus élevée (en moyenne d’un degré) et ne permettraient pas qu’elles se développent normalement. Ce phénomène pourrait être une cause de stérilité.
Enfin, même si les couches jetables sont testées dermatologiquement, il est toujours possible que votre bambin présente des réactions allergiques. Celles-ci peuvent être produites par les lotions et autres parfums incorporés à la couche mais également par les produits chimiques qu’elle contient. Différentes études font état de la présence de TBT [6] ou de composés organiques volatiles nocifs dans les couches jetables. Le blanchiment au chlore des couches jetables génère par exemple de la dioxine dont on trouve des traces dans les couches elles-mêmes. Sous l’appellation “dioxine”, on retrouve pas moins de 200 molécules chlorées, dont 17 sont réputées toxiques. Absorbées par la peau, les molécules de dioxine se concentrent dans les cellules graisseuses où elles peuvent séjourner pendant près de 30 ans. Or, l’Organisation Mondiale de la Santé a reconnu qu’il s’agissait de substances cancérigènes à long terme.
Selon Anne-Sophie Ourth [7], « il n’existe à l’heure actuelle aucune étude prouvant que ces substances, dans les concentrations rencontrées, sont nocives pour la santé des enfants. Cependant, la nature cancérigène de certaines et les effets négatifs d’autres sur l’environnement ou la santé devraient conduire à prendre des précautions quant à l’utilisation de ces couches. Si rien ne prouve la toxicité de ces produits dans les couches, aucune étude suffisamment longue ne prouve non plus leur innocuité (…) Le sage principe de précaution devrait inciter à ne pas mettre les enfants en contact permanent durant les 2 premières années de leur vie avec ces produits potentiellement dangereux pour leur santé ».
Les avantages des couches lavables sont nombreux ; ils sont aussi bien économiques, écologiques que sanitaires. Pour autant, il est indéniable qu’il demeure des inconvénients. L’entretien peut, dans une certaine mesure, être contraignant. Aussi, pour ceux et celles que le nettoyage des couches lavables rebute foncièrement, sachez que les services de location et lavage de couches, avec ramassage à domicile ou sur le lieu de travail, fleurissent un peu partout.
Par ailleurs, comme l’usage des couches réutilisables peut s’avérer parfois difficile, notamment lors des sorties ou en voyage, rappelons qu’il existe quelques fabricants qui produisent des couches jetables plus écologiques, biodégradables et sans capteurs chimiques nocifs. Une bonne alternative aux couches jetables classiques !
Où trouver des couches lavables de qualité ?
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« Les couches lavables constituent une alternative moderne, écologique et économique aux couches jetables » par Anne-Sophie Ourth
« Les couches lavables ça change tout » par Christelle Beneytout aux éditions La Palge
[1] « Les couches lavables constituent une alternative moderne, écologique et économique aux couches jetables » par Anne-Sophie Ourth, thèse annexe présentée en vue de l’obtention du grade de docteur en environnement, Faculté universitaire des sciences agronomiques de Gembloux (Belgique), 2003, p.4
[2] Ibidem, pp.5-8
[3] Ibidem, p.7
[4] « Sharing nature’s interest : using ecological footprints as an indicator of sustainability » par Nicky Chambers, Craig Simons et Mathis Wackernagel aux éditions Earthscan Publications, 2001
[5] « Diapers : environmental impacts and lifecycle analysis » par Lehrburger, Mullen et James, janvier 1991
[6] Le tributylétain (TBT) est un composé organique de l’étain reconnu comme un perturbateur endocrinien.
[7] « Les couches lavables constituent une alternative moderne, écologique et économique aux couches jetables » par Anne-Sophie Ourth, p.10
Avant d’être enceinte je ne me saurais jamais imaginée élever mon enfant en lavables ! UN maternage proche de la nature OUI mais de là à utiliser les lavables, NON ! Je travaille en hôpital psy ,40h/sem en moyenne c’était pas pour aller m’esclavager à laver des couches le soir venu ! Et puis l’idée à fait son chemin, 7 mois de gestation pour être exacte ! Et nous avons sauté le pas, poussée par l’enthousiasme de mon conjoint !
Nous avons acheté un kit de 18 couches en chanvre + culotte de protection. Car non seulement l’économie est énorme que ce soit au point de vu financier qu’énergétique mais aussi et surtout au niveau des déchets quasi inexistant ! Mais surtout c’est un choix hygiénique ! Et oui halte au plus gros apriori dans les couches lavables : NON CE N’EST PAS PLUS Sâle que les jetables, je dirais même que c’est de loin la solution la plus propre ! Car il n’y a pas de substance chimique en contact permanent durant 2ans avec la peau de notre bébé (l’âge moins où l’enfant fait l’acquisition de la propreté) donc moins de risque d’allergie, d’infertilité ou stérilité future voir de dérèglements hormonaux plus tard mais surtout on ne jette pas ! On ne crée pas de déchets !
De mon expérience de 9 mois de couches lavables je peux dire que je suis contente car notre fils n’a jamais fait d’érythème fessier.(Par choix et inexpérience nous avons commencé dès que le cordon ombilical de notre fils est tombé soit au bout d’1 mois, mais pour le second ce sera dès la maternité !) Avec la technique couche + culotte de protection on connait Zéro fuite et pourtant nous avons à la maison un gros mouilleur. Nous avons complété notre stock de couches avec des TE1 à poche pour permettre à la nounou d’utiliser les lavables avec la même facilité que les jetables. Et Oui notre fils est gardé par une nounou qui accepte les lavables, ça existe ! Car au final ça ne lui demande rien de plus, au lieu de jeter la couche de mon fils dans la poubelle, elle la met dans le sac prévu, et le soir elles retrouvent les autres soit dans la machine à laver soit dans le seaux à couches en attente de la prochaine machine. Au final, je ne fais pas plus de lessive, le sèche linge est utile mais sans, ça fonctionne quand même car on a tourné sans sèche-linge pendant 8 mois et en appartement !!! Pour conclure, on peut avoir 25 ans, travailler à temps plein avec une grosse charge de travail et réussir à élever un bébé heureux en lavables ! Cette solution écologique n’est pas réservé aux baba-cool, mère au foyers et autres originaux ! Et non...
Personnellement, cette solution n’a fait que renforcer nos engagements éco-citoyens et nos choix éducatifs ! Nous avons décidé que les VALEURS que nous prône notre société de consommation, n’étaient pas les seules et surtout pas les nôtres. Le Bonheur on l’a trouvé ailleurs du "Tout tout de suite" et du "Tout jetable". On la trouvait tout Simplement, sans dépenser des fortunes, dans le peau à peau, les massages, l’allaitement et en regardant les premiers pas de notre enfant ses fesses dans de jolies couches lavables car n’en déplaisent à Mesdemoiselles les Jetables,NOS COUCHES LAVABLES SONT HAUTES EN COULEURS ET JOLIS TISSUS !
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