Publié en mai 2008 par Stéphanie Lécole
© Julien Bastide
Pas besoin d’être enceinte pour céder à la tentation de ce petit fruit rouge estival qu’est la fraise. Légère et rafraîchissante, elle ravit petits et grands.
“Gariguette”, “mara des bois”, “selva”… les variétés ne manquent pas pour vitaminer votre été. Alors, il serait idiot d’y résister !
Origines
Culture
Problèmes posés par les cultures de fraises espagnoles
Intérêts nutritionnels
Bienfaits thérapeutiques
Contre-indications
Si nous passions en cuisine !
Connue depuis l’Antiquité, la fraise sauvage ou fraise des bois était déjà très appréciée des Romains qui l’utilisaient notamment pour parfumer leurs produits cosmétiques.
La fraise que nous connaissons aujourd’hui est issue de croisements de fraises sauvages des Amériques. Au XVIIIème siècle, Amédée François Frézier, officier du Génie maritime, rapporta d’un séjour au Chili de nouvelles variétés de fraises plus grosses que les fraises des bois connues en Europe et les confia au botaniste Antoine de Jussieu pour le Jardin royal. Certains plants furent envoyés en Bretagne, au jardin botanique de Brest, où ils se développèrent particulièrement bien grâce à ce climat océanique tempéré, proche de celui de leur biotope d’origine. Plougastel, commune proche de Brest, devint alors le premier lieu de production de cette nouvelle espèce dite “fraise de Plougastel”.
La culture de la fraise, qui s’est généralisée au XIXème siècle, a donné naissance à plus de 600 variétés. C’est ainsi que, dans le Sud de la France, est développée, à partir de croisements avec des fraisiers nains méditerranéens, une autre variété légèrement plus petite : la “gariguette”. Cette dernière, dont le fruit est de forme plus allongée, représente aujourd’hui 1/5 de la production française.
© Julien Bastide
La fraise n’est pas, comme on peut le dire, le fruit du fraisier ; il s’agit en fait d’un faux-fruit. En effet, seuls les akènes, les petites graines qui parsèment sa surface sont réellement, au sens botanique, des fruits ; la fraise, quant à elle, n’est qu’une excroissance de la fleur de fraisier.
Selon les variétés, la saison de maturation des fraises s’étend de mai à septembre. Pourtant, des techniques de cultures artificielles permettent de produire des fraises en dehors de cette période.
Problèmes posés par les cultures de fraises espagnoles
Face aux problèmes écologiques soulevés par la culture grandissante des fraises espagnoles, l’organisation de défense de l’environnement WWF demande :
- d’une part, aux moyennes et grandes surfaces européennes qui importent massivement ces produits de s’assurer que leurs fournisseurs cultivent légalement les fraises en respectant un cahier des charges rigoureux en matière d’impact environnemental,
- d’autre part, que ces producteurs améliorent tout particulièrement leur pratique d’irrigation, fortement consommatrice d’eau.
« C’est autour du Parc de National de Doñana, inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco, que 95 % des fraises espagnoles sont produites, sur une surface de 5 000 hectares. Avec une biodiversité exceptionnelle, cette zone humide de 100 000 hectares, haut-lieu des migrations d’oiseaux, accueille la dernière population de lynx (20 individus). Or, depuis les années 80, les sites de production se multiplient de façon anarchique et pèsent lourdement sur l’environnement : utilisation massive de produits chimiques pour la préparation du sol, cultures sur sable et sous plastique, consommation massive d’eau pour l’irrigation, occupation des sols en toute illégalité… La liste est longue des atteintes à l’environnement !
En effet, on estime que 40 % des surfaces sont cultivées illégalement et que plus d’une centaine d’hectares empiètent sur des espaces protégés. Les cultures de fraises largement irriguées par des forages, dont 50 % sont non déclarés, ont réduit de moitié les apports d’eau douce dans le marais alimenté par la rivière La Rocina et assèchent l’une des zones humides les plus remarquables de l’Union européenne. A terme, c’est la pérennité même de cette production qui pourrait être remise en question ».
Source : WWF France
Lors de l’achat, choisissez vos fraises avec soin. Préférez celles fermes, d’un beau rouge brillant dont le pédoncule est bien vert. Ne les prenez pas forcément grosses car elles sont alors souvent gorgées d’eau. Les fraises sont à consommer dès leur achat. Lavez-les rapidement, en gardant leur pédoncule afin d’éviter qu’elles ne s’imbibent d’eau, égouttez-les et équeutez-les avant de les servir dans les plus brefs délais. Si vous devez les conserver, laissez-les dans leur barquette perforée, dans le bac à légumes du réfrigérateur, au maximum 3 jours si elles ne sont pas très mûres. Elles se prêtent mal à la congélation alors si vous en avez beaucoup, faites-en plutôt des confitures ou des coulis.
Quelle que soit sa variété, la fraise se présente comme un fruit riche en eau (près de 90 %) et relativement peu chargé de glucides ou sucres (6 à 9 %) et n’apporte donc que peu d’énergie (en moyenne 35 KCalories aux 100 grammes).
| Protides | 0.7 gramme |
| Glucides | 7 grammes |
| Lipides | 0.5 gramme |
| Fibres | 2.1 grammes |
| Calories | 35 KCalories |
La fraise présente son apport vitaminique très intéressant, idéal pour stimuler nos défenses immunitaires à la sortie de l’hiver. L’apport en vitamine C est particulièrement remarquable. L’apport en vitamines du groupe B est diversifié, avec notamment la présence de biotine (ou vitamine B8) et d’acide folique (ou vitamine B9), deux vitamines généralement assez peu abondantes dans les fruits.
Par ailleurs, l’apport en minéraux, s’il est modéré, est diversifié et équilibré. Comme dans la plupart des végétaux frais, le potassium domine avec environ 150 milligrammes pour 100 grammes. Viennent ensuite le calcium, présent avec un taux non négligeable de 20 milligrammes pour 100 grammes, le magnésium (12 milligrammes) et le fer (0,4 milligramme, dont le cuivre et le zinc également présents facilitent la bonne assimilation).
Particulièrement riche en vitamines C, la fraise se présente au bon moment pour prendre la relève des agrumes dans nos assiettes. Une portion de 150 grammes suffit à couvrir largement les apports quotidiens recommandés pour cette vitamine. La fraise est d’ailleurs reconnue comme l’un des fruits ayant la quantité la plus élevée de cette vitamine (en moyenne 60 milligrammes aux 100 grammes).
Le rôle que joue la vitamine C dans l’organisme va au-delà de ses propriétés antioxydantes. Elle contribue aussi à la santé des os, des dents et des gencives. De plus, elle favorise l’absorption du fer contenu dans les végétaux, protège contre les infections et accélère la cicatrisation.
© Photo libre
Malgré ses nombreux avantages, il convient toutefois d’être vigilant car les allergies alimentaires aux fraises sont fréquentes. En effet, la fraise fait partie des aliments dits histamino-libérateurs ; sa consommation libère de l’histamine dans l’organisme, ce qui provoque, chez un sujet prédisposé, l’apparition de phénomènes de type allergique (urticaire notamment). Chez l’enfant, on déconseille donc l’introduction de ce fruit dans l’alimentation avant l’âge de six mois.
Préparez pour votre enfant un écrasé de banane et son coulis de fraise et étonnez vos convives avec des fraises et autres fruits en papillote.
[1] Il s’agit d’une composition moyenne donnée à titre indicatif : les valeurs ne sont que des ordres de grandeur, susceptibles de variations selon les variétés, la saison, le degré de maturité, les conditions de culture, etc.
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