Publié en mai 2009
© Julien Bastide
L’allaitement au sein, ancestral et pourtant toujours actuel, est la manière la plus naturelle de nourrir son enfant. Aujourd’hui encore, même si les laits pour bébés offerts dans le commerce sont de bonne qualité, le lait maternel reste la nourriture la plus appropriée au bon développement de bambin.
C’est un fluide vivant et complexe : riche en cellules et molécules actives ; sa composition est en constante évolution pour s’adapter aux besoins de l’enfant. En plus de nourrir bébé, il apporte de nombreuses substances qui aident son jeune corps à mieux fonctionner.
Ce que contient le lait maternel
Un cocktail de protection
Plus facile à digérer
Tout ce dont bébé a besoin
Le lait s'adapte à la croissance de bambin
Une composition en constante évolution
En guise de conclusion
Tout ce qui est nécessaire au développement de l’enfant au cours de ses 4 à 6 premiers mois de vie est contenu dans le lait maternel.
| Eau | 87,5 % [1] |
| Glucides, notamment lactose | 7 % ou 60 grammes par litre |
| Lipides | 4 % |
| Protéines | 1 % |
| Micronutriments | 0,5 % |
Présentée ainsi, la composition du lait maternel ne paraît pas différente d’un lait en poudre. Mais, derrière ces noms scientifiques et ces pourcentages, se cache une quantité de substances favorisant le bon développement de bambin et qui sont difficiles à reproduire artificiellement.
Le lait maternel contient une substance appelée “facteur bifidus”, un probiotique [2] qui favorise la croissance dans l’intestin de bactéries, les lactobacillus bifidus. Ces bactéries inoffensives se développent sur la paroi intestinale, prenant ainsi la place d’autres bactéries pathogènes et préviennent donc le développement d’infections.
Il comporte également du lysozyme, une enzyme capable de détruire les bactéries infectieuses, et de la lactoferrine, impliquée dans la protection de bébé contre les microbes.
Enfin, le lait maternel apporte des immunoglobulines ou anticorps en grandes quantités, ainsi que des leucocytes qui sont des cellules de la protection immunitaire.
Cette protection est parfaitement adaptée puisque la maman développe ses défenses immunitaires en fonction des pathogènes qui l’entourent. Elle va produire des anticorps spécifiques, qui passeront automatiquement chez bébé par l’allaitement ; ainsi, il sera protégé contre les parasites de son environnement proche.
A la naissance, l’intestin du bébé est encore immature : il faut au moins trois mois pour qu’une nourriture étrangère ne crée pas d’intolérances. Les protéines du lait maternel ne sont pas allergisantes et sont bien assimilées par le jeune tube digestif.
Le lait contient de nombreuses enzymes comme de la lipase, une enzyme de digestion des matières grasses, et de la lactase qui digère le lactose. Ces enzymes sont inactives dans le sein où le lait est conservé ; elles sont uniquement activées dans l’intestin du bébé, au contact des sels biliaires, afin optimiser la digestion.
D’ailleurs, à la naissance, le nourrisson ne défèque quasiment pas. Ce n’est pas de la constipation mais seulement la preuve que ses apports alimentaires ont la quantité exacte de ce dont il a besoin et qu’aucun déchet n’est produit [3].
Au contraire, assimiler des aliments étrangers fatigue les organes de la digestion, car ils demandent plus d’efforts pour être digérés correctement, et les déchets produits au sein de l’organisme créent un environnement propice au développement d’infections [4].
Toutes ces caractéristiques font du lait maternel l’aliment le plus adapté pour bébé, lui permettant de développer de meilleures défenses immunitaires, de diminuer les risques de diarrhées, d’allergies, d’intolérances alimentaires ou de problèmes infectieux.
Le lait de chaque espèce animale est produit de manière à combler les besoins spécifiques de son petit. Par exemple, le poids du petit veau double en 2 mois alors qu’il en faut 6 au petit humain. Par contre, le cerveau du veau se développe 2 fois moins vite que celui de bébé [5]. Le lait de vache est donc plus riche en graisses saturées pour que le petit veau devienne grand et costaux, mais pas très intelligent.
Les graisses apportées par le lait maternel sont majoritairement insaturées pour favoriser le bon développement du cerveau. Une étude récente défend même l’hypothèse selon laquelle les enfants nourris au sein développeraient de meilleurs quotients intellectuels que ceux nourris au biberon.
En savoir plus sur... QI et allaitement maternel.
La composition du lait évolue au cours des mois, au fur et à mesure que bambin grandit.
A la naissance de l’enfant, c’est le précieux colostrum qui est produit, beaucoup plus épais et riche que le lait maternel. Il contient tous les éléments nécessaires aux premiers jours de la vie et n’a pas besoin d’être consommé en grandes quantités : 20 à 40 millilitres par tétées suffisent.
En savoir plus sur... le précieux colostrum.
Puis au bout de 3 à 15 jours, la montée de lait arrive et, avec elle, un torrent de lait maternel qui peut donner l’impression que les seins vont exploser. Le volume du lait produit passe de 50 millilitres le second jour à 600 millilitres le cinquième jour.
Le lait prend une couleur jaune-orangée et devient plus liquide. Ce lait est encore très riche en lactose, sucre et lipides. Ainsi, bambin peut prendre du poids rapidement.
Ce dernier a une couleur blanche-bleutée et est beaucoup plus liquide, ce qui pourrait laisser penser qu’il est peu nourrissant. Mais bambin compense en augmentant la quantité de lait qu’il absorbe.
La composition du lait maternel se modifie au cours de la journée et de la tétée. Durant la journée, le lait est plus riche en lipides que pendant la nuit. De plus, sa composition s’adapte aux températures : quand il fait chaud, le lait est plus aqueux, alors que quand il fait froid, ce dernier est plus riche et calorique.
Au début de la tétée, le lait est plus clair, plus riche en protéines, sucre et eau. Puis, au bout de quelques minutes, le lait devient plus blanc et pâteux, il est plus concentré en graisses. Le bébé a besoin des deux types de lait pour sa croissance, il ne faut donc pas donner des tétées trop courtes, au risque que le bébé ne reçoive pas la quantité de graisses nécessaire à sa prise de poids.
Aujourd’hui, les solutions en poudre pour bébés ont fait d’énormes progrès en terme d’apports nutritifs et les risques d’intolérance ou d’allergies sont réduits. Toutefois, il est toujours impossible, pour des raisons de sécurité alimentaire, d’y inclure des molécules actives telles que les enzymes ou les anticorps.
Le lait maternel reste donc le moyen le plus sûr et le plus adapté à son enfant. Il est toujours le meilleur, que la mère soit malade, mal nourrie, fatiguée ou mange de la nourriture épicée. En plus, ce dernier est complètement gratuit et ne nécessite aucune préparation préalable, alors pourquoi s’en passer ?
En savoir plus sur les mécanismes de l’allaitement maternel.
« L’allaitement. De la naissance au sevrage » par le Docteur Marie Thirion aux éditions Albin Michel, collection “Bibliothèque de la famille”
[1] Si le bébé est nourri à la demande, il n’est pas nécessaire de lui donner de biberons d’eau entre les tétées.
[2] Les probiotiques sont des micro-organismes vivants, bactéries ou levures, naturellement présents dans l’organisme, notamment dans la flore intestinale.
[3] « Helping mothers to breastfeed » par Savage King
[4] « Le lait maternel : une composition idéale » par le Docteur Lyonel Rossant et le Docteur Jacqueline Rossant-Lumbroso sur Doctissimo.
[5] « Le lait maternel : une composition idéale » par le Docteur Lyonel Rossant et le Docteur Jacqueline Rossant-Lumbroso sur Doctissimo.
Je sais plus quoi faire, on trouve des sites ou il est dit qu’il vaut mieux ne pas nourrir au sein et d’autres ou c’est important !
Emma de annonces gratuites
Toutes les mamans et tous les bambins sont uniques et différents les uns des autres. Donc tous les avis se retrouvent sur internet, parfois contradictoires. Si vous avez des doutes, l’idéal est de demander conseil à votre médecin. Il vous connait bien et saura vous conseiller. Internet est un outil fabuleux pour obtenir des réponses à des questions généralistes et pour échanger des expériences. En revanche pour des conseils personnalisés sur votre maternité, votre docteur est la personne la plus à même pour vous aider. Je vous souhaite bon courage et bonne continuation dans votre maternité.
Magali
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