Publié en février 2008 par Stéphanie Lécole
Ivan Makarov @ Fotolia
Les statistiques publiées récemment par l’Institut français de Veille Sanitaire [1] confirment la régression des décès par mort subite du nourrisson. Mais, 250 décès enregistrés en France en 2005, c’est encore beaucoup trop, notamment en comparaison des résultats des pays européens voisins.
Preuve que malgré les nombreuses campagnes de prévention et le renforcement de la prise en charge de la petite enfance, il reste beaucoup à faire pour prévenir ce drame. L’occasion pour Bambin Nature de rappeler les bons réflexes à adopter pour éviter le pire.
Etat des lieux
Causes et facteurs de risque
Prévention
En guise de conclusion...
Définie comme « tout décès soudain d’un enfant de moins d’un an, inattendu par son histoire et non expliqué malgré les examens réalisés après la mort » [2], la mort subite du nourrisson est un évènement dramatique.
Malgré les progrès enregistrés en France, la mort subite du nourrisson contribue encore pour un décès sur 10 à la mortalité infantile. Lorsque l’on considère l’ensemble des enfants de moins d’un an, la mort subite constitue la troisième cause de décès, après les affections périnatales et les malformations congénitales. Les garçons sont particulièrement vulnérables, entre 1 et 12 mois ; période au cours de laquelle 25 % de leur décès lui sont attribués, contre 20 % pour les filles.
Ces chiffres, qui paraissent évidemment trop élevés, sont pourtant en baisse constante depuis le début des années 90. Mais, avec une période de croissance extrêmement rapide entre 1975 et 1980 (236 %), suivie d’une autre progression nettement plus modérée entre 1981 et 1991 (62 %), la forte chute des taux de décès enregistrée depuis 1992 (particulièrement jusqu’en 1997, avec une diminution de ces décès de 72 %) n’a pas été suffisante ; la variation des taux de décès par mort subite du nourrisson entre 1975 et 2005 reste supérieure à 12,7 %.
Avec un taux moyen de 31,9 décès pour 100 000 naissances vivantes en 2005, la France figure parmi les mauvais élèves d’Europe. Derrière le Royaume-Uni (26,2 pour 100 000) mais surtout la Bulgarie, la Roumanie et la Grèce où les morts subites du nourrisson ne dépassent pas les 10 pour 100 000.
Les causes de la mort subite du nourrisson sont longtemps restées mystérieuses mais de nombreuses études récentes ont permis de mieux en préciser les facteurs de risque et de protection.
On considère actuellement la mort subite du nourrisson comme un accident multi-factoriel. Plusieurs facteurs peuvent être en cause, diversement associés, pour concourir à l’accident mortel :
Certaines mesures ont fait leurs preuves dans la prévention de la mort subite du nourrisson. Elles concernent particulièrement la position de sommeil et l’environnement du couchage. Grâce à la modification des pratiques de couchage de nos bébés, le nombre de ce type de décès a chuté, en France, de 75 % depuis 1992.
Dès ses premiers jours et durant sa première année de vie, il est indispensable de faire dormir votre enfant sur le dos. Dans cette position, son visage reste dégagé et il peut ainsi respirer à l’air libre. Le choix de la literie est également un élément important. Optez pour un lit à barreaux, avec un matelas ferme, bien adapté aux dimensions du lit ; le bébé pouvant se coincer entre les parois et un matelas inadapté. N’utilisez pas d’oreiller, de couette, de couvertures ou tout autre élément qui peuvent l’étouffer s’il s’y entortille ou y enfouit son visage. La turbulette ou gigoteuse limite ces risques. Choisissez-la adaptée à la saison et à la taille du bébé ; les nourrissons risquant de glisser au fond de modèles trop larges. Dans la même idée, évitez le tour de lit et limitez les compagnons de votre enfant à une petite peluche sans poils.
Aérez la chambre de bébé matin et soir et interdisez que l’on fume à l’intérieur de la maison. La température idéale pour une chambre d’enfant est de 19° C et ne doit jamais excéder 20° C.
Berceau Co-Sleeper ®
Ne laissez jamais votre bébé dormir dans un lit d’adulte, qu’il soit seul ou avec vous. En partageant votre lit avec lui, vous prenez le risque de le retrouver asphyxié sous votre couette, couverture ou oreiller. Près de 50 % des morts subites du nourrisson sont dues au “co-sleeping” ou “co-dodo”. Les mamans qui allaitent doivent être particulièrement vigilantes car il peut arriver de s’endormir en allaitant au lit. C’est pour cette raison qu’il est préférable d’opter pour le “room sharing” ou partage de la chambre qui, contrairement au partage du lit, semble un facteur protecteur lorsque l’enfant dort dans la chambre des parents pendant les 6 premiers mois de vie.
Chez des amis, ne bricolez pas de couchage occasionnel. Utilisez un lit parapluie (lit pliant) où il sera en sécurité à condition de ne pas rajouter de matelas. En effet, certains parents croient bien faire en rajoutant un matelas mais, n’étant adapté aux dimensions du couchage, bébé risque de se retrouver coincé entre le matelas et la paroi. Ne rajoutez pas non plus de coussins pour combler les trous, un lit parapluie s’utilise tel quel, et seulement occasionnellement !
Pensez également à positionner votre enfant régulièrement sur le ventre lorsqu’il est éveillé. Vous l’habituez ainsi à redresser sa tête et il saura comment bien réagir s’il se retrouve malencontreusement sur le ventre. Cela permet aussi de limiter les appuis sur son crâne et donc de diminuer une éventuelle déformation.
Enfin, l’alimentation au sein est un facteur de protection. En effet, l’allaitement maternel protège les bébés grâce aux anticorps qui lui sont transmis et aux réveils plus fréquents pour les tétées. Par contre, si vous n’allaitez pas votre enfant, veillez à le garder en position verticale un quart d’heure après chaque biberon.
Toutes ces mesures sont des gestes simples, des habitudes qu’il est facile de respecter afin d’éviter le pire. Adoptez-les donc dès les premiers jours de votre enfant.
[1] « Mort inattendue du nourrisson » par l’Institut National de Veille Sanitaire, numéro thématique du Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire, n° 3-4 du 22 janvier 2008
[2] « Sudden infant death syndrome and unclassified sudden infant deaths : a definitional and diagnostic approach » par Henry F. Krous, J. Bruce Beckwith, Roger W. Byard, Torleiv O. Rognum, Thomas Bajanowski, Tracey Corey, Ernest Cutz, Randy Hanzlick, Thomas G. Keens and Edwin A. Mitchell dans Pediatrics, volume 114, n° 1 de juillet 2004, pp.234-238
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