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Hygiène et Soins > Trousse de secours contre maux et bobos

Précautions d’emploi des huiles essentielles

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Publié en septembre 2007 par Stéphanie Lécole

Document Comment utiliser HE © Julien Bastide Du fait de leurs nombreuses propriétés médicinales, l’usage thérapeutique des huiles essentielles est connu à travers le monde, depuis des millénaires. Ainsi, si leurs pouvoirs ne sont plus à vanter, les précautions à adopter pour leur usage en aromathérapie [1] sont quant à elles à rappeler sans cesse ; les dangers étant réels, particulièrement pour les femmes enceintes.

- Origines
- Extraction des huiles essentielles
- Huile essentielle de petit grain
- Indications thérapeutiques
- Précautions d’usage
- Rappel de quelques précautions d’ordre général
- Conseils dans le choix de vos huiles essentielles
- Huiles essentielles biologiques Florame

Origines


Les traces les plus anciennes de l’utilisation de l’aromathérapie remontent à plus de 7 000 ans. Il en est fait état dans de nombreuses civilisations : Chine, Inde, Egypte, Grèce…

Les procédés d’extraction s’améliorant, l’usage des huiles essentielles s’est considérablement développé dès le XVIème siècle. Deux siècles plus tard, on commençait à isoler et classifier les principes actifs des molécules odoriférantes, ce qui en a permis une utilisation spécifique. Les recherches en la matière se sont multipliées au XXème siècle, malgré un recul de son utilisation dû notamment à la découverte de la pénicilline. Le terme “aromathérapie” est utilisé pour la première fois par le chimiste René Maurice Gattefossé en 1928.

De nos jours, l’aromathérapie tient toujours une grande place parmi les médecines non-conventionnelles.

Extraction des huiles essentielles


Une véritable huile essentielle est un produit naturel extrait de plantes aromatiques. L’extraction peut être fait à partir des fleurs, des feuilles, des fruits, des racines ou bien des graines.

Il existe différents procédés d’extraction des huiles essentielles, qui varient notamment selon le type de plantes utilisées. La plupart des huiles essentielles sont obtenues par entraînement à la vapeur d’eau, à l’exception des hespéridés [2] qui sont extraits à froid.

Alambic © Julien Bastide

  • Entraînement à la vapeur

La technique la plus couramment utilisée est la distillation ou entraînement à la vapeur d’eau. Les parties de la plante à distiller sont placées dans une cuve traversée par de la vapeur d’eau qui emporte avec elle les molécules aromatiques. Par la suite, la vapeur chargée de l’arôme se condense en traversant une cuve réfrigérante. Le liquide qui en sort est un mélange d’eau et d’huile essentielle. Cette dernière étant de densité plus faible que l’eau, elle surnage. Il est alors possible de la récupérer en la séparant de ce que l’on appelle l’hydrolat ou eau florale (qui contient moins de 5% d’huile essentielle). Cette technique d’extraction de l’huile essentielle garantit une excellente qualité du produit et préserve toutes ses vertus.

  • Expression ou extraction à froid

Comme son nom l’indique, l’extraction à froid appelée aussi expression, réservée aux agrumes, se fait sans chauffage. Les substances végétales (essentiellement l’écorce) sont soumises à une forte pression à l’aide d’une presse hydraulique. Les poches sécrétrices du zeste sont alors brisées ce qui permet d’en recueillir l’essence. On ne parle en effet pas d’huile essentielle concernant les agrumes mais d’essence.

Huile essentielle de petit grain


Agrumes Si l’essence des agrumes est obtenue par expression des écorces de fruits, il existe une huile essentielle dite “de petit grain”, issue de la distillation des rameaux portant les feuilles et les jeunes fruits de ces arbres fruitiers.

Dans le passé, l’huile essentielle de petit grain était extraite des oranges encore vertes, alors que celles-ci n’étaient pas plus grosses que des cerises, d’où le nom de petits grains. Cette technique coûteuse réduisait de manière conséquente la récolte d’oranges mûres. Petit à petit, on a donc élargi le procédé de distillation aux rameaux entiers.

Il existe différentes variétés d’huile essentielle de petit grain. On en distille notamment à partir de l’orange douce, du citron, de la bergamote, de la bigarade ou orange amère et de la mandarine.

  • Autres techniques

La technique de l’enfleurage (ou macération) est ancienne, et n’est plus guère utilisée. Elle concerne les plantes ou parties de plantes dont l’arôme est trop fragile pour supporter la chaleur d’une distillation. Elle consiste à étendre une couche de ces substances végétales fragiles entre deux couches épaisses de matière grasse qui s’imprègnent alors du parfum de la plante. En débarrassant le parfum de l’excédent graisseux, on obtient une absolue, une huile essentielle de très haute qualité olfactive. La technique de l’extraction par solvants remplace aujourd’hui celle de l’enfleurage.

Quelque soit le procédé utilisé, le rendement dépend de chaque espèce végétale et peut être pour certaines plantes extrêmement faible (variant de 3 grammes à 3 kilogrammes d’huile essentielle pour 100 kilogrammes de plante utilisée). Ce faible rendement explique le prix élevé de certaines huiles et la tentation de les falsifier en les mélangeant avec d’autres molécules, d’autres huiles essentielles ou des molécules de synthèse.

Indications thérapeutiques


Les propriétés des huiles essentielles sont multiples. Plus de 80 propriétés auraient été identifiées, s’appliquant à l’une ou l’autre ou à plusieurs des quelques 40 huiles essentielles courantes :

  • anti-infectieuses : antibactériennes, antimycotiques [3], antivirales, antiparasitaires, insectifuges et insecticides [4],
  • anti-inflammatoires,
  • anticatarrhales [5] : expectorantes et mucolytiques [6],
  • antihistaminiques [7].,
  • antispasmodiques,
  • antalgiques, analgésiques et anesthésiques,
  • calmantes, hypnotiques et anxiolytiques,
  • endocrinorégulatrices [8],
  • digestives,
  • antitoxiques,
  • antivenimeuses,
  • antirhumatismales,
  • stimulantes ou apaisantes,
  • aphrodisiaques…

Les huiles essentielles peuvent s’utiliser de différentes manières, en fonction de leur nature et de l’effet recherché :

  • par diffusion : c’est l’usage le plus simple, idéal pour maintenir une atmosphère saine, débarrassée des germes et microbes, tout en éliminant les mauvaises odeurs. La diffusion ne présente aucune contre-indication particulière (si ce n’est pour les personnes souffrant d’allergies respiratoires, d’asthme en particulier, et pour les enfants de moins de 2 ans), à condition de choisir des huiles essentielles reconnues sans risques. Il ne faut toutefois pas en abuser ; si la durée de diffusion et le débit adopté dépendent entièrement du volume de la pièce et du nombre de personnes présentes, on ne préconise néanmoins pas plus de 2 à 3 minutes de diffusion par heure et par personne. L’utilisation des brûle-parfums n’est par ailleurs pas recommandée car le chauffage altère les propriétés des huiles.
  • par inhalation : il suffit d’ajouter quelques gouttes d’huile essentielle à un bol d’eau chaude (non bouillante) et d’en respirer les vapeurs, la tête couverte d’une serviette. Une inhalation sèche est aussi possible en déposant quelques gouttes sur un mouchoir propre que l’on respirera profondément.
  • par voie transcutanée, c’est-à-dire par massages ou dans un bain : cette méthode mérite une attention particulière car peu d’huiles peuvent être appliquées pures sur la peau, certaines étant particulièrement agressives. Il est donc indispensable de les diluer dans une huile végétale de qualité (vierge et bio de préférence), en ne dépassant jamais 3 à 4 % d’huile essentielle dans ses préparations. Pour le bain, les huiles essentielles n’étant pas hydrosolubles, elles doivent être utilisées avec un dispersant spécifique.
  • par voie orale : si ce mode d’utilisation semble le plus efficace, c’est aussi le plus dangereux car nombre d’huiles essentielles sont toxiques. Pour cette raison, nous n’en conseillons l’usage qu’avec l’avis d’un aromathérapeute qualifié.
  • par voie rectale, grâce à des suppositoires : c’est la voie privilégiée pour les enfants et les nourrissons ou pour les personnes fragiles des muqueuses digestives. Ce mode d’administration nécessite également l’avis d’un professionnel de santé.

Précautions d’usage


Les huiles essentielles, très concentrées en éléments chimiques actifs, ne sont pas sans nocivité en cas de mauvaise utilisation. Il est primordial de demander l’avis d’un médecin avant tout emploi d’huile essentielle à des fins thérapeutiques, surtout concernant les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes.

 
Certaines huiles essentielles peuvent être irritantes voire allergènes. Avant d’utiliser une huile essentielle, il est préférable d’effectuer un essai d’application dans le pli du coude. Appliquez une goutte d’huile essentielle diluée dans une cuillère d’huile végétale à la pliure du bras, si vous observez une réaction dans les 24 heures suivantes, renoncez à son utilisation.
 
N’appliquez pas d’huile essentielle pure sur la peau mais diluez-la dans une huile végétale de qualité (vierge et bio de préférence), en ne dépassant jamais 3 à 4 % d’huile essentielle dans vos préparations.
 
N’appliquez jamais d’huile essentielle sur les muqueuses ou autour des yeux. Évitez également tout contact avec les yeux ou les oreilles.
 
Certaines huiles essentielles étant photosensibles (tout particulièrement celles d’agrumes), évitez l’exposition au soleil après application.
 
N’utilisez jamais d’huile essentielle par voie orale sans l’avis d’un professionnel qualifié.
 
Conservez les huiles essentielles hors de portée des enfants. Certaines étant des poisons mortels, en cas d’ingestion accidentelle, faites avaler 1 à 10 cuillerées d’huile végétale, consultez un médecin ou appelez un centre antipoison.
 
En aromathérapie, on exclut toujours des traitements à base d’huiles essentielles les très jeunes enfants (âgés de moins de 2 ans), les femmes enceintes au cours des 3 premiers mois de grossesse (lorsque les tissus sont en formation), les personnes allergiques (asthmatiques notamment).

Signalons tout particulièrement et de manière non exhaustive les huiles essentielles suivantes dont la toxicité est avérée et que le non spécialiste s’interdira d’utiliser.

absinthe (artemisia absinthium L.)gaulthérie couchée (gaultheria procumbens)
acore (acorus calamus)genévrier de Phénicie (juniperus phœnicea)
amande amère (prunus amygdalus)hysope officinale (hyssopus officinalis L. ssp officinalis)
aneth (anethum graveolens)lavande stoechade (lavandula stoechas L.)
anis vert (pimpinella anisum)menthe pouliot (mentha pulegium)
armoise commune (artemisia vulgaris)menthe poivrée (mentha piperita)
arnica (arnica montana)moutarde (brassica nigra)
bouleau jaune (betula lenta)origan (origanum vulgare)
buchu (agathosma betulina)romarin officinal à camphre (rosmarinus officinalis L. camphoriferum)
camphre (cinnamomum camphora)sarriette (satureja montana)
carvi (carum carvi)sauge officinale (salvia officinalis)
cèdre de l’Atlas (cedrus atlantica)sassafras (sassafras officinalis)
estragon (artemisia dranunculus)thuya (thuya occidentalis)…

Certaines huiles essentielles doivent absolument être proscrites durant la grossesse parce qu’elles sont notamment emmenagogues, c’est-à-dire qu’elles favorisent, régularisent ou provoquent l’écoulement menstruel (règles) ; il s’agit de l’armoise et de la menthe.

Conseils dans le choix de vos huiles essentielles


Certaines huiles essentielles ont un prix qui peut paraître élevé mais qui s’explique par le très faible rendement de la plante utilisée. Ainsi, ne cédez pas à la tentation des huiles bon marché qui peuvent être frelatées.

Préférez les huiles essentielles distillées à partir de plantes aromatiques issues de cultures biologiques.

L’huile essentielle doit porter la mention exacte de la plante distillée sous son nom latin. Le nom botanique en latin caractérise l’espèce de la plante. Pour un même nom courant en français, il peut y avoir plusieurs espèces appelées par des noms latins différents et qui ont également des propriétés distinctes.

Concernant les femmes enceintes (à partir du 4ème mois) et allaitantes, il est préférable de privilégier les produits finis spécialement conçus pour cette période, composés d’huiles essentielles nobles (néroli, rose de damas, laurier noble, camomille noble...).

Huiles essentielles biologiques Florame


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Pour aller plus loin...



Couverture Cahiers pratiques de l'aromathérapie « Les cahiers pratiques de l’aromathérapie selon l’Ecole Française » de Dominique Baudoux aux éditions Amyris.

Dominique Baudoux, pharmacien aromatologue, enseigne l’aromathérapie scientifique et médicale et rédige de nombreux ouvrages sur le sujet. Le tome 1 des Cahiers est consacré à l’aromathérapie en pédiatrie ; le tome 5 à l’usage durant la grossesse.

Retrouvez le livre « Les cahiers pratiques de l’aromathérapie selon l’Ecole Française - Pédiatrie » chez notre partenaire PriceMinister

Retrouvez le livre « Les cahiers pratiques de l’aromathérapie selon l’Ecole Française - Grossesse » chez notre partenaire PriceMinister


Notes


[1] L’aromathérapie est l’utilisation médicale des extraits aromatiques de plantes (essences et huiles essentielles). Cela la différencie de la phytothérapie qui fait usage de l’ensemble des éléments d’une plante. (Source : Wikipédia)

[2] On entend par "hespéridés" les huiles essentielles obtenues par extraction du zeste des fruits tels que la bergamote, le citron, l’orange, la mandarine…

[3] On qualifie d’antimycotique ce qui détruit les mycoses, les champignons.

[4] Un insectifuge éloigne les insectes alors qu’un insecticide les tue.

[5] Le catarrhe est une inflammation des muqueuses s’accompagnant d’une sécrétion importante des glandes de la région enflammée.

[6] Un mucolytique est une substance qui détruit ou fluidifie le mucus.

[7] Un antihistaminique contrarie l’action nocive de l’histamine et est utilisé dans le cas d’affections allergiques

[8] Les angles endocrines sont des glandes à sécrétion interne, dont le produit de la sécrétion se déverse directement dans le sang.

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